Là où naît la lumière

J’ai compris que la guérison ne surgissait pas soudainement de l’extérieur, mais qu’elle s’éveillait doucement à l’intérieur de moi, comme une graine longtemps endormie sous la terre. C’est en apprenant à m’arrêter, à écouter mes silences et mes tremblements, que j’ai commencé à percevoir ces fragments d’ombre qui m’habitent. Ils ne sont pas de simples absences de lumière, mais des morceaux de mon histoire qui réclament d’être vus, entendus, compris.
Ces ombres surgissent parfois comme une marée qui m’enveloppe lorsque tout semble s’effondrer. Elles ne portent pourtant pas la cruauté qu’on leur prête. Elles sont des gardiennes fatiguées, qui tentent de construire des murs autour de mon cœur afin que les blessures anciennes ne s’ouvrent plus. Elles retiennent en elles des éclats de souvenirs, certains doux comme une caresse oubliée, d’autres lourds comme une pierre que l’on traîne au fond de soi.
Elles étouffent mes émotions lorsqu’elles deviennent trop vives, elles brouillent les couleurs du monde quand il devient trop menaçant. Elles me séparent parfois des autres, comme un voile qui se dépose entre moi et la vie. Et pourtant, derrière ce voile, il y a une intention : me protéger.

Et c’est dans ce dialogue silencieux que j’ai découvert une vérité : mes ombres ne sont pas mes ennemies, elles sont les messagères de mes blessures et, paradoxalement, les gardiennes de ma force.
La lumière ne se trouve pas en fuyant l’ombre, mais en la traversant avec tendresse. Et chaque fois que j’ose la regarder en face, une étincelle s’allume. C’est ainsi que, peu à peu, j’apprends à guérir, non pas en effaçant mes failles, mais en les laissant devenir le terreau d’une lumière plus vaste.
-Andréa, fondatrice de Calmora, autrice et future intervenante sociale

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